Qu'est-ce qu'une énergie propre ?

Une énergie propre serait une énergie n'engendrant aucun effet dangereux ou nuisible pour l'homme et pour l'environnement, sur l'ensemble de son cycle : extraction, transformation, transport, usage, fin de vie. Posée ainsi, la définition est exigeante, et aucune source n'y répond entièrement.

Le cas des fossiles

Le charbon, le pétrole et le gaz naturel émettent des quantités considérables de gaz à effet de serre lors de leur combustion. Ils produisent aussi des polluants locaux (oxydes d'azote, dioxyde de soufre, particules) dont l'effet sur la santé respiratoire et cardiovasculaire est établi par des décennies d'études épidémiologiques.

Leur extraction et leur transport ajoutent leurs propres dommages : marées noires, fuites de méthane sur les réseaux gaziers, dégradation de sites d'extraction, consommation d'eau. Ces sources sont donc, sans discussion possible, hors du champ des énergies propres.

Le cas du nucléaire

C'est là que le débat se noue. La production nucléaire n'émet pratiquement pas de gaz à effet de serre ni de polluants atmosphériques : sur ce critère, elle est décarbonée.

Elle produit en revanche des déchets radioactifs dont une fraction reste dangereuse pendant des durées très longues, et dont la gestion définitive fait l'objet de projets de stockage géologique profond encore débattus. Elle implique aussi des risques d'accident majeur à probabilité faible et à conséquences étendues, et une activité minière d'extraction de l'uranium avec ses propres impacts.

Selon que l'on met l'accent sur les émissions ou sur les déchets et les risques, on classe le nucléaire dans les énergies propres ou hors de celles-ci. Ce n'est pas une question de fait mais de critère retenu, et il est plus honnête de le dire que de trancher au nom de l'évidence.

renouvelables en France

Et les renouvelables ?

Elles n'émettent presque rien en exploitation, ce qui est leur avantage décisif. Elles ne sont pas pour autant sans impact.

La fabrication des panneaux et des éoliennes consomme de l'énergie et des matériaux, dont des métaux dont l'extraction pose des problèmes environnementaux et sociaux documentés. Les grands barrages fragmentent les cours d'eau, bloquent les sédiments et noient des terres. La biomasse émet des particules quand elle est brûlée dans des appareils anciens. L'éolien affecte des oiseaux et des chauves-souris selon l'implantation retenue.

Aucun de ces effets n'est comparable en ampleur au réchauffement climatique provoqué par les fossiles. Mais les nier affaiblit le propos, et alimente précisément le soupçon qu'on cherche à éviter.

Une notion plus utile : l'analyse de cycle de vie

Plutôt que de classer les énergies en propres et sales, la méthode scientifique consiste à mesurer, pour chacune, les impacts sur plusieurs indicateurs (climat, qualité de l'air, eau, sols, ressources, déchets) et sur tout le cycle de vie.

Les résultats sont sans ambiguïté sur l'essentiel : par kilowattheure produit, le charbon est très au-dessus de tout le reste sur presque tous les indicateurs, suivi du pétrole puis du gaz ; l'éolien, l'hydraulique, le nucléaire et le solaire se situent tous dans un ordre de grandeur très inférieur en émissions.

Le vecteur le plus propre

Il reste celui qu'on n'utilise pas. Un kilowattheure économisé n'a ni émissions, ni déchets, ni emprise au sol, ni matériaux. C'est pourquoi toutes les trajectoires énergétiques sérieuses commencent par la sobriété et l'efficacité, avant même de discuter des sources, et c'est aussi la partie du sujet dont on parle le moins.

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